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La dissertation : avec méthode !

Episode I : Qu’est-ce-que problématiser un sujet ?


Voici un mot qui, je le sais, n’est pas très attirant ! Au moment où tu lis le mot « dissertation », je devine déjà une moue se dessiner sur ton visage.

Et pourtant, avec un peu de rigueur, cet exercice très traditionnel n’est pas si compliqué qu’il n’y paraît. Sa maitrise est d’autant plus importante, qu’en bon ami qui te veut du bien, il te poursuivra toute ta scolarité, en français naturellement, en histoire, en philosophie, en économie… jusqu’à l’université !

Voilà pourquoi je profite de cette période de Noël pour t’offrir en cadeau le début de la méthode de la dissertation.


C’est parti !


I°/ J’analyse le sujet et je trouve la problématique (cette étape se réalise entièrement au brouillon et doit prendre une trentaine de minutes sur une épreuve de 4 heures en philosophie par exemple)

Pour commencer, retenez ce petit conseil : je note sur ce brouillon toutes les remarques que je me fais sur ce sujet, même celles qui sonnent comme des évidences.


- je réécris mon sujet au brouillon

- Je souligne les mots-clefs du sujet

- Je définis ces mots-clefs. Pour ce faire je recherche l’étymologie (si je la connais) sinon je recherche des mots de la même famille, je recherche des synonymes, des antonymes, je recherche la polysémie du mot (les différents sens qu’un même mot peut recouvrir), je recherche les expressions qui contiennent ce mot… En bref j’explore le mot dans tous les sens.


- Ensuite, j’étudie la formulation du sujet.

* Si c’est une question, je regarde si la question est fermée (je peux répondre par oui/non) ou ouverte.

* Je recherche s’il y a un mot interrogatif et je le définis, par exemple : « comment ? » (de quelles manières ? par quels moyens ?) ; « Dans quelle mesure ? » (dans quelle limites ?)…

* Je recherche la présence de formulations du type « Peut-on ? », « Doit-on ? » ; « Faut-il ? » ; « Suffit-il ? » et je les définis. Par exemple, un sujet qui commence par « Peut-on ? » m’interroge sur la possibilité, la capacité…

* J’étudie la présence de connecteurs logiques, les conjonctions de coordination par exemple. Ainsi, avec le sujet « Les Etats-Unis et monde » la conjonction « et » interroge sur les interactions entre les deux termes.

* J’étudie l’éventuelle présence de bornes chronologiques, spatiales ou thématique et les définis.


- Je lis mon sujet une nouvelle fois et je recherche un présupposé, un préjugé, une idée toute faite que mon sujet interroge. Dans une question, le plus souvent pour identifier un présupposé il suffit de la transformer en affirmation. Par exemple, si mon sujet est « … » alors le présupposé est « … »


- Alors, je recherche un ou deux arguments pour valider ce présupposé puis un ou deux autres pour invalider le présupposé

Je dispose maintenant d’une vue d’ensemble de mon sujet, les réponses à ces différentes questions me permettent d’éviter le hors-sujet et d’étudier tous les aspects du sujet.


- Je relis l’intégralité de mes notes, et lors de cette relecture, je dois voire apparaître une ambiguïté, une petite incohérence voire une parfaite contradiction. Tous les sujets contiennent une ambiguïté ou une contradiction, un élément qui empêche une réponse claire et cohérente.



Exemples :

* En histoire, « les Etats Unis et le monde de 1945 à nos jours », l’ambiguïté réside dans le fait que les relations des Etats-Unis avec le monde varient pendant la période (entre multilatéralisme et unilatéralisme, entre autres) (Cf. votre cours)

* En philosophie, « Suis-je l’esclave de moi-même ? », ici, l’ambiguïté réside dans le fait que si le plus souvent il me paraît clair que je me maîtrise, que je sais me contrôler et être réfléchi, pourtant il m’arrive d’être soumis à mes passions, mes désirs et à bien d’autres éléments qui me déterminent… (là aussi Cf. votre cours)

NB : ces ambiguïtés sont pour le moins succinctes et mériteraient d’être développées.

Dans mon sujet, l’ambiguïté ou la contradiction est précisément le problème qui m’empêche de répondre clairement à la question posée.

De ce problème naît la problématique vous aurez noté le même radical ;-) !

La problématique c’est donc la question sous-jacente du sujet, la question dont la réponse permet de dépasser la contradiction du sujet.

En reprenant les exemples précédents :

* En histoire, il suffirait ici de se poser cette question : « Comment évoluent le rôle international des Etats-Unis de 1945 à nos jours ? » ou « Comment évoluent les relations des Etats-Unis avec le monde de 1945 à nos jours ? ».

* En philosophie, on pourrait poser la question suivante : « Comment puis me libérer de ce qui me détermine ou de ce qui me pourrait me soumettre ? ».

Comme on peut le remarquer ici, la problématique n’est donc pas une simple paraphrase ou réécriture du sujet avec des synonymes. De plus, un sujet mal problématisé voire non problématisé c’est l’assurance d’une note inférieure à 8/20.

Cette problématique est donc la clef de voûte d’un bon devoir, d’où l’importance de passer du temps sur cette étape.


Maintenant à toi de jouer.



Que la Force soit avec toi !

Bonnes fêtes de fin d’année.

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